***************************** * PREMIER RAPPORT DE LA CIA * ***************************** Comme vous le savez, un centralien informel anonyme a été délégué par la Cabale pour observer en secret les moeurs et coutumes d'un groupe pour le moins étrange, les Centraliens. Voici son rapport accablant. 1. L'emménagement et les formalités administratives ================================================ 1.1 Le premier jour --------------- Le périple commença dimanche 7 septembre 1997. Nous partîmes de bon matin de Reims pour arriver vers 9 heures à l'accueil de la résidence de l'École Centrale Paris, à Châtenay-Malabry. À 9 heures, nous découvrîmes ce qui se révèlerait par la suite l'organisation de base de la vie centralienne : la file d'attente. Il y avait là des dizaines de personnes, en train de faire la queue de façon peu organisée. Pendant la queue passaient les représentants des trois banques centraliennes (la Société Générale, le Crédit Lyonnais et la BNP) qui nous offraient des rafraichissements, et de faire la queue pour nous pendant que nous ouvrions un compte. Ces banques sponsorisant la plupart des associations centraliennes, les anciens leur font une pub pas possible. Au bout d'une heure de queue, je réussis à obtenir d'être logé en chambre double avec mon copain Damien, qui vient comme moi de Reims, au quatrième étage (sans ascenseur) du bâtiment F, orienté plein ouest. Après l'ascension de la façade ouest du bâtiment F, Damien et moi découvrîmes ce qui serait notre « chambre » durant un an. Les draps et les couvertures étaient posés en bordel sur les lits, les rideaux étaient mis n'importe comment... Il faut savoir que pendant les vacances, la résidence loge des groupes de colonie de vacances, la plupart du temps étrangers, peu scrupuleux envers le matériel... Le salon d'étage était également en piteux état (depuis, les bretons ont fait le ménage). Après un peu de ménage (fait par nos mères respectives), la chambre prit forme. Nous installâmes le PC de mon copiaule, et comme il n'y avait toujours pas d'électricité (pour le téléphone il fallait amener son téléphone, et pour l'Internet il fallait attendre une semaine), nous allâmes bouffer. -+- Lexique centralien : Copiaule : personne avec laquelle on partage sa chambre. Quand le copiaule est chiant, on passe une annonce dans le Piston Information (PI), le journal local, pour « vendre » son copiaule. PC : ordinateur à la logique floue, qui ne sait pas calculer. Meilleur exemple : 95 + 2 = 98. Bref, à éviter absolument. -+- Bouffer, disais-je. Mais où ? Le week-end, le Restaurant Universitaire est fermé, et on est dans un trou à peu près paumé. Nous bouffâmes donc dans un petit restau italien dans un petit patelin paumé pas loin. L'après-midi, nos parents avaient rendez-vous avec le directeur Daniel Gourisse, qui leur parla de cette belle école fondée sur une initiative privée, néanmoins prémonitoire, polyplurimultidisciplinaire à tendance généraliste. Il paraît que nous serons les « médecins des usines. » Appelez-moi « docteur » ! Mon vieux a évidemment mis les pieds dans le plat et posé la question qui tue (heureusement que Gourisse ne sait pas que c'est mon vieux) : « Quel est le rang de Centrale Paris ? » Réponse : à égalité avec les Mines, derrière les écoles qui « trichent » (i.e. qui paient leurs élèves grâce à des subventions publiques). Ensuite mon copiaule et moi partîmes à Paris (15 min à pied pour Antony, puis 25 min d'Antony aux Halles en RER) et vîmes le succès de l'été, _Men in Black_ en VO. Comme chacun le sait, c'est court et y'a pas de fin. 1.2 Le deuxième jour ---------------- Le lendemain nous retournâmes à Paris, voir le film _Héroïnes_. La critique l'a démoli, le public aussi, mais je n'ai pas trouvé ça si catastrophique que ça. C'était même tout à fait regardable, même si ça chantait beaucoup. Et rien que pour voir Virginie Ledoyen en tenue sexy pendant 2 heures, ça valait le coup ! :-) À la résidence, nous fîmes également la connaissance de nos codouches et comurs. -+- Lexique centralien : Codouche : chaque douche est commune à deux chambres ; ceux avec qui on partage la douche sont appelés « codouches ». En l'occurrence, nos codouches écoutent du rap américain à longueur de journée, et comme toutes les basses passent en-dessous de la porte de la douche, ça commence à me les briser menues menues menues menues... J'imite désormais le bruit du rap américain à la perfection. Demandez-moi à l'occasion. Comur : les autres voisins, ceux avec qui on ne partage rien, si ce n'est un mur. -+- Le soir avait lieu au théâtre de la résidence la présentation des associations centraliennes. C'est inouï ce que les GDA peuvent faire pour recruter des GPA... -+- Lexique centralien : GDA : gentil deuxième année. GPA : gentil première année. GTA : saurez-vous le trouver tout seul ? -+- En particulier, il y avait VIA (Vivre l'Informatique Autrement), l'association qui s'occupe du réseau centralien (association dont, vous l'aurez compris, je suis déjà membre à l'heure actuelle), et NX, la chaîne de télévision centralienne, qui s'occupait des moyens techniques de la soirée. NX rime désormais avec « march'ra pas... », tellement il y eut de problèmes techniques durant la soirée (ils bidouillaient encore les câbles sur scène pendant les présentations...). 1.3 Le troisième jour ----------------- À 8 h (pfouuuu), discours de notre DG préféré. En gros, vous prenez celui qu'il a tenu aux parents trois jours avant, et vous remplacez « vos enfants » par « vous ». Pas trop compliqué. Heureusement que nous sommes dans une belle école fondée sur une initiative privée, néanmoins prémonitoire, polyplurimultidisciplinaire à tendance généraliste. « Vous êtes les champions de la résolution de problèmes bien posés à solution unique. Vous allez devenir les champions de la résolution de problèmes mal posés à solutions multiples. » Enfin, il paraît qu'on va devoir travailler, et que nous ne sommes pas des branleurs (cf. plus loin). Nous rencontrâmes ensuite par groupes de douze nos tuteurs. Dans mon groupe, il y a trois étrangers, et quatre filles ! Nous jetâmes un derrière distrait sur le « carnet de route », l'usine à gaz qu'on est censé connaître par coeur, et qui nous permettra de passer en deuxième année. Y'a des trucs à obtenir, des minima de notes, c'est un bordel pas possible, à tel point que même nos tuteurs avaient du mal à nous expliquer... M'enfin si par exemple vous créez une association « baguette de pain », vous pouvez cocher la case « innovation » du carnet de route. Super... Puis, visite de l'école avec deux GTA. Ils nous expliquèrent qu'en gros, c'était pas la peine de se lever pour aller en amphi, qu'il fallait aller de temps en temps en Petites Classes (travaux dirigés), et qu'il suffisait de s'y mettre deux jours avant pour avoir une note potable au partiel. Ils nous ont exposé toutes les bidouilles pour passer en deuxième année sans en foutre une rame. Ça contraste merveilleusement bien avec le discours de Gourisse... La rencontre avec le RU ne fut pas facile. Certes, nous en avions déjà eu une idée pendant les oraux, mais quand même... Évidemment, nous n'avions pas encore nos badges d'étudiant, donc il fallait payer en liquide, et avec de la *monnaie* please. 'Sont pas capables d'aller à la banque de France demander qu'on leur donne de la monnaie. Il m'est arrivé plusieurs fois de devoir payer pour quatre plateaux... Remarquez, ça m'a permis de faire des rencontres. Et au RU, on se rend compte à nouveau que la file d'attente est l'organisation de base centralienne. 1.4 Le quatrième jour ou « une journée en enfer » --------------------------------------------- Le mercredi fut le jour des formalités administratives. « Formalités » n'est pas vraiment approprié : plutôt « Épreuves administratives ». Nous avons 20 endroits à visiter (avec coup de tampon obligatoire), et à chaque fois une interminable file d'attente... J'ai attendu près d'une heure à la photo (pour le trombinoscope et le badge permettant d'accéder au parking, aux salles informatiques, au RU, etc.), et une heure et demie à la Sécu :-(((. Mais d'autres ont été plus malchanceux que moi. J'ai terminé à 15 h 30 (à partir de 10 h), ce qui est un joli score. Le soir, amphi sur le WEI (voir plus loin). 1.5 Le cinquième jour ou « le début des cours » ------------------------------------------- Mécanique générale, avec une bête de scène dont l'humour déride même ceux qui se sont couchés à 5 h du mat', et Physique Quantique (PQ), avec un type qui avale goulûment le contenu d'une canette de Perrier en faisant crever de soif tout l'amphi (400 personnes). Le soir, à l'heure du repas, était l'examen du TOEFL (Test of English As A Foreign Language). C'est dur, à l'heure du repas. C'est un QCM auquel l'école exige que l'on est au moins 550 points à la sortie, et 600 points pour aller aux États-Unis. Malgré l'heure du repas, j'ai fait un véritable carton et ai fait explosé le TOEFL : 643 points !!! (sur 670 si mes souvenirs sont bons) Le troisième meilleur score chez les GPA... Du coup, ils voulaient me mettre dans le groupe de niveau 3, et ben il m'ont fait passer directement au niveau 4 (le meilleur). À part ça, R.A.S. Passons au plus intéressant : le WEI. 2. Le WEI ====== -+- Lexique centralien : WEI : Week-End d'Intégration (prononcer ouèille, à l'anglaise). Ce qui a remplacé le bizutage il y a deux ans. C'est co-organisé par l'école, sponsorisé par la Société Générale, donc ça n'a plus rien à voir avec un bizutage tel qu'il se pratique aux Arts et Métiers. C'est même très agréable. -+- 2.1 L'avant-WEI ----------- Dès le premier jour (dimanche), après la remise de la clé des chambres, on nous demanda de choisir des activités à faire lors du WEI. Le WEI se déroulerait à la Roche-sur-Foron, en Haute-Savoie, et nous pourrions faire du canyoning, du rafting, visiter le CERN, Annecy, etc. (j'ai demandé à visiter le CERN, mais finalement j'ai eu droit à Annecy). Mercredi soir fut la présentation du WEI. Après résolution des problèmes techniques par NX ('faut suivre !), nous vîmes le reportage réalisé l'année passée, où les GPA étaient partis à la mer. Réveil à 5 h du mat' par les GDA (à coup de marteau dans les casseroles), départ en car, sandwichs WEI, bouffe, discours de l'inénarrable Gourisse, commençant par « je vais vous raconter une belle histoire », repris en coeur par le public « Une histoire ! Une histoire ! Une histoire ! », blagues, plage, sport, bang, etc. -+- Lexique centralien : Sandwichs WEI : un sandwich au jambon + un à l'emmenthal + une pomme. Ont très mauvaise réputation, mais ne la méritent pas (c'est juste que c'est lassant de ne bouffer que ça pendant 4 jours). Bang : boum. « Boum » est de nos jours aussi démodé que « Surboum » à votre époque. À noter que ce mot est de genre masculin, contrairement à boum. -+- Suivi d'une présentation de la merveilleuse équipe de GDA qui allait nous accompagner. Remarquable était la prestation du chef de la sécurité : « J'ai aussi une trousse de secours si besoin est. J'y connais rien, mais j'en ai une. » Nous nous sommes tout de suite sentis très rassurés :-). Bref, tout cela était très attrayant et nous n'attendions que le départ vendredi matin, ou plutôt vendredi nuit. 2.2 Le vendredi ----------- 2.2.1 Le voyage Réveil comme prévu à 5 heures du mat' par les GDA. À 5 h 30 rassemblement dans le grand hall de l'accueil de la résidence, et attente (organisation de base de la vie centralienne) pendant une heure que tout le monde soit bien là. Nous montâmes dans les cars, tous élégamment baptisés : Car-à-OK, Car-os, Car-nage, Car-masutra, Car-S... Le mien était Car-aimant. Il manquait quand même Car-antenne pour les profs ! :-) Départ à sept heures et sommeil collectif. Normalement, il fallait raconter des blagues ou chanter quelque chose pour gagner un magnifique T-shirt Promotion 2000. Mais les GDA de notre car étaient intelligents, et quand ils ont vu le bide qu'ont fait les quelques blagues qu'on a racontées, ils nous ont donné les T-shirts pour qu'on se taise :-). Après manger (sandwichs WEI sur une aire d'autoroute), nous zieutâmes Pulp Fiction. Malheureusement, nous ratâmes la fin, car nous arrivâmes trop tôt. À notre arrivée à La Roche-sur-Foron, vers 16 h, nous nous rassemblâmes dans le Parc des Expositions, où nous attendaient MM. le Maire, le Député, le Sénateur, etc. Leurs discours ont été interrompus toutes les cinq secondes par les applaudissements... Au début c'était marrant mais c'est devenu vite un peu lourd. Enfin les huiles n'ont pas montré leur agacement, mais à mon avis le WEI ne pourra plus revenir en Haute-Savoie avant longtemps :-). Ils nous ont ensuite offert le « pot de l'amitié », dégustation gratuite et à volonté ! Malgré mon magnifique mélange vin blanc + vin rouge + bière + cidre, j'ai réussi à tenir debout jusqu'à la fin de la soirée :-). Puis nos GDA nous ont accompagné à pied jusqu'au lieu où nous allions loger pendant quatre jours, un lycée transformé en immense dortoir pour centraliens. Le parcours ressemblait à un parcours du combattant : des virages partout, puis un passage par un petit chemin sous un pont du chemin de fer et à côté d'un ruisseau à peine grillagé... J'ai parié qu'il y aurait un type bourré qui tomberait dans le ruisseau avant la fin du week-end, mais non... Nous étions pourtant censés faire ça tous les jours deux fois par jour... 2.2.2 Le lycée Arrivés aux lycée, nous découvrîmes qu'ils avaient mis des sommiers (généralement inconfortables) et des matelas dans les salles de cours, les couloirs... Le lycée n'était clairement pas prévu pour recevoir 400 centraliens, et les douches et les toilettes manquaient. Comme je savais que j'avais été affecté à la visite d'Annecy, je cherchai d'autres types dans mon cas. Je tomba, euh, tombo, eeuuuhh, tombu, non plus, tombites ? Bref j'ai tombé sur une bande d'AST qui s'étaient regroupés dans une petite salle tranquille. -+- Lexique centralien : AST : Admis Sur Titre. Ceux qui viennent de Fac et qui entrent directement en deuxième année. Ont la réputation d'être nettement plus matures que les GPA qui viennent de taupe. Perdent un an par rapport à nous. À ne pas confondre avec MST. -+- Et effectivement, les AST sont extrêmement sympathiques. En particulier, j'ai fait la connaissance d'un certain Philippe, qui vient de La Réunion, et qui était champion de skate là-bas. Bref, durant le WEI, j'ai tellement traîné avec les AST, que je suis maintenant quasiment un assimilé-AST. 2.2.3 Le repas Nous retournâmes ensuite au Parc des Expos pour aller déguster un repas préparé par des traiteurs. Et c'est là que nous découvrîmes le deuxième élément principal de la vie centralienne : le passage de plat. Les tables étaient organisées en longues rangées parallèles ; à l'une des extrémités se trouvaient les cuistots. Les plats partaient des cuistots, et les centraliens passaient les plats jusqu'au bout. C'est une technique de pointe, digne d'un ingénieur, mais j'ai encore des doutes sur son efficacité. Ceux qui sont du côté des cuistots ont la tâche la plus ingrate : faire passer les plats de tout le monde avant de manger ! Et quand en plus les plats sont brûlants... (expérience personnelle) L'ambiance était très chaude. Imaginez que vous réunissez 400 personnes après deux ou trois ans d'esclavage intensif... Les holas allaient bon train, les chansons aussi. Notamment : « C'est à bâbord, qu'on gueu-le qu'on gueu-le, c'est à bâbord, qu'on gueu-le le plus fort », vous faites le même avec tribord, et vous obtenez un vrai concours entre les deux côtés de la salle. Bref, j'ai tellement gueulé que dès le début du repas du premier jour, j'eus une extinction de voix. Et ce fut d'autant plus regrettable que j'étais assis à côté d'une très charmante centralienne, au visage à la croisée des chemins entre Julia Ormond et Sandra Bullock, et à qui je n'ai pu faire la conversation de la soirée... :*-(((( Sucks, shame on me ! 2.2.4 Le discours de DG -+- Lexique centralien : DG : Daniel Gourisse, le directeur de l'école. Un homme très curieux. Il est immense, mais parle avec une tout petite voix. Il a l'air d'une clairvoyance rare (c'est quand même lui qui a hissé en 20 ans Centrale au niveau des Mines, et tissé avec patience des accords internationaux inestimables), mais ses discours sont longs et chiants comme la mort qui tue pour de vrai. -+- Au milieu du repas (juste avant le dessert, groumpffff [© 1997 Raymond Martin]), notre DG bien aimé monta sur scène, et ça se passa plutôt mal. Une bande d'allumés (de Ginette et/ou les Bretons) s'est mis à se battre en s'envoyant des pichets d'eau à la figure. Après intervention de nos GDA, DG nous dit : « Votre conduite de taupins immatures est scan-da-leuse. » Bref ça a jeté un sacré froid tout à coup... Il nous a expliqué qu'il avait raté son train et qu'il venait d'arriver en voiture, et donc qu'il n'avait pas eu le temps de peaufiner son discours. Tu parles ! C'est le même discours depuis dix ans, il le connaît par coeur ! D'ailleurs, j'admire sa capacité à faire un discours sans avoir de notes. Mais ça n'empêche qu'il était aussi chiant et long que les autres. 2.2.5 Le spectacle d'hypnose Après ce repas, nous eûmes droit à un spectacle d'hypnose. Assez impressionnant. Le « vous êtes bien, vous êtes merveilleusement bien » et le « stiiing » ont quand même réussi à hypnotiser une dizaine de personnes. L'hypnotiseur a fait danser deux mecs ensemble, une fille avec une baffle. Il lui a aussi fait chanter « Happy Birthday to you, Mr President... ». À l'un, il a fait croire que nous étions tous tout nu, du coup ça l'a bien fait rire. Ensuite il a fait monter une prof sur scène, et là il était encore plus mort de rire. « Vous trouvez ça normal, comme situation ? » « - Ben... Pas vraiment... » Mon copiaule m'a dit : « J'ai tout vu, c'était du pipô. » Je serais moins catégorique, parce que si c'était vrai, ce serait un superbe numéro d'acteur de la part des prétendus hypnotisés. Or un grand acteur, ça ne court pas les rues, surtout en taupe... 2.2.6 Le bang Puis, comme chaque soir, il y avait l'épreuve de bang dans une petite salle à côté. Évidemment, moi qui n'ai jamais fait ce genre de trucs, j'ai eu beaucoup de mal. La musique était très très forte, la prochaine fois je prendrai mes boules quies avant de devenir sourd. Les deux premières heures, j'ai regardé mes petits camarades danser sur la piste, en sortant de temps en temps me réfugier aux toilettes. Et puis au bout des deux heures, l'esprit d'ingénieur a pris le dessus : j'ai trouvé le truc ! Il suffit de plier les genoux ! Quand on a compris ça, ça va tout seul... J'ai alors été sur le piste avec mon copain AST, et j'ai bougé les pieds, les jambes et les bras. L'avantage de la techno, c'est que ça ne ça voit pas quand on ne sait pas danser. Il suffit de faire n'importe quoi et on passe pour un danseur hors pair. Là où j'ai eu beaucoup plus de mal, c'est pour la Macarena, qui possède une chorégraphie très particulière... Moins compliqué était le fameux « Je mets la main devant, je mets la main derrière, je mets la main devant, je fais de tout petits ronds, je fais le boogie-woogie, je tourne autour de moi-même et je vais en avant » où toute la chorégraphie est expliquée dans la chanson. J'ai inventé le métier de « finisseur de bière » (et hop ! une croix dans la case « innovation » du carnet de route ! :-) : des types trop bourrés me demandaient de finir leur bière. OK. Vers 4 h nous rentrâmes au lycée (et dans le noir, c'est pas évident), prîmes une douche (froide, d'ailleurs, groumpffff), et le temps de nous coucher il fallait déjà se lever. 2.3 Le samedi (il reste encore quelqu'un, là ?) --------- 2.3.1 La visite d'Annecy Après un prompt petit-déjeuner et une douche (on se demande pourquoi, j'en avais pris une trois heures avant... j'suis con moi des fois :-), et hop : direction Annecy. C'est beau comme patelin, Annecy. Mais quand il pleut des hallebardes... Enfin bref, en six heures j'ai eu le temps de visiter la FNAC, de vérifier qu'il n'y avait pas de cinéma intéressant, et de contempler cette magnifique ville pittoresque, sa rivière et son lac. À noter si vous allez à Annecy : la ville regorge de chiottes publiques, mais je désespère d'en trouver une avec du PAPIER ! À 15 h 30 j'étais tellement crevé que je suis rentré avec une demi-heure d'avance au car (ce qui a bien fait marrer le chauffeur, vu que j'étais loin d'être le seul à avoir cette idée ; et hop ! une croix dans la case « travail en équipe » du carnet de route ! :-) ; sisi, c'est aussi ridicule que ça !) et j'ai pioncé pendant tout le retour, qui m'a paru bien court. 2.3.2 La soirée Comme la veille, sauf que cette fois-ci je passais les plats (brûlants d'ailleurs). L'inénarrable DG nous a encore fait un discours (le même que celui de l'année dernière, avec « je vais vous raconter une belle histoire », et la même réaction ; je vous dis que ce gars doit avoir en tout et pour tout trois discours qu'il recycle chaque année). Ce coup-ci, j'avais raté la charmante centralienne et j'étais assis à côté d'une fille un peu fofolle, qui me fait un peu penser à Valérie Lemercier en plus folle. Discours tous plus chiants les uns que les autres du Directeur des Études, du Président de la Société des Amis de Centrale Paris, etc. Ensuite, la soirée fut comme d'habitude. Sur le chemin du retour, j'ai vu deux GDA qui étaient sur le bas côté, avec le pouce levé. Ils m'ont dit : « On fait du stop. » Ils étaient crevés et avaient peur de se perdre, donc nous sommes rentrés ensemble. Nous avons devisé gaiement, et la discussion dérivant ostensiblement sur la gent féminine, l'un me dit : « Vous en avez moins que nous, mais vous, vous avez la qualité. » Et effectivement nous n'avons pas trop à nous plaindre. Je me suis couché particulièrement tôt (2-3 h) parce que j'étais crevé. Et ça m'a permis de bien dormir et d'être en forme pour le lendemain. 2.4 Le dimanche (rassurez-vous, c'est bientôt fini) ----------- 2.4.1 Les tournois sportifs Dès le petit matin, nous commençâmes les tournois sportifs. J'allai évidemment au Volley, mais il y avait tellement de monde ! Je me suis donc contenté au début d'arbitrer cinq ou six matches. Notamment, j'ai truqué^H^H^H^H^H^Harbitré un quart de finale filles contre garçons pour que les filles gagnent (elles étaient 6 contre 5, avaient 5 points d'avance, et j'ai compté astucieusement quelques fautes au filet d'un côté). N'empêche que grâce à moi, elles sont arrivées en demi-finale ! Malheureusement, l'arbitre de la demi-finale a moins bien truqué le match que moi... Les filles ont été récompensées par un trophée (une magnifique casquette Dassault ou Société Générale vraisemblablement), mais ils ont oublié de récompenser l'arbitre le plus véreux de la compétition !! Je suis vert ! Après, il y avait de moins en moins de monde, donc je me suis fait un petit match interminable avec mes copains AST. J'ai pu voir que bizarrement, je n'étais pas le plus nul. 2.4.2 La soirée Comme c'était la seule soirée où il n'y avait pas les profs et les anciens, on était entre nous et on s'est déchaînés ! Il y avait du vin rouge à table (et pas dégueu), on a beaucoup chanté (ce qui m'a encore valu une extinction de voix). On a fait la fête à tous les GDA qui avaient préparé ce week-end. J'eus ensuite l'occasion d'admirer l'ingéniosité des Centraliens. Voici les données du problème : soient une banderolle « Société Générale » accroché au plafond et un écran de type rectangulaire. Comment accrocher l'écran à la banderolle de sorte qu'on puisse projeter une image sur l'écran ? Premier essai : le scotch. L'écran est trop lourd, il s'est cassé la gueule. Deuxième essai : les agraphes. Ça avait l'air de marcher, mais la pose était difficile et le tissu avait tendance à se déchirer. Mais un GDA a eu l'idée géniale, écoutez bien : il a pris une baguette en bois qui trainait quelque part, l'a clouée à la banderolle, et a ensuite cloué l'écran à la baguette en bois !!! Hachement étonnant, mes amis, c'est ça Centrale : des bricoleurs de génie ! :-) L'écran servit à NX pour projeter en boucle les images de DG disant « taupins immatures », ce qui a provoqué de vastes manifestations dans le public. Puis on nous distribua la chanson de Centrale, et nous la chantâmes en regardant un montage de NX, avec la marionnette de Gourisse et le Bât'Ens qui s'écroule. -+- Lexique centralien : Bât'Ens : Bâtiment d'Enseignement. Grand bâtiment carré vide. Sert toutefois de piste de danse le jour du gala. -+- Voici la fameuse chanson (sur l'air de _Comme d'habitude_) : Fondée sur une initiative privée, néanmoins prémonitoire, l'École [Centrale, Maîtrise de la complexité, dès la première année, d'École Centrale. Polyplurimultidisplinaire, à tendance généraliste, l'École Centrale. Bât-Ens, obligation de l'excellence, l'École Centrale. Je n'ai pas le temps d'arriver que j'passe un contrat moral avec l'École [Centrale. Je s'rais ingénieur heureux, avec un joli diplôme de l'École Centrale. Nous sommes des privilégiés dont la nation attend bôcoup, à l'École [Centrale. Une culture d'entreprise centenaire, l'École Centrale. L'École Centrale, toute la journée, Je vais jouer à faire semblant, L'École Centrale, y'a des amphis, L'École Centrale, on est bien mieux au lit, L'École Centrale, celle de Paris, L'École Centraaaaaaaaale. Et puis je m'laisserai pas piéger par toutes les sirènes de l'École [Centrale. On peut pas tout faire, il va falloir choisir parmi les activités de [l'École Centrale. Je dominerai les hautes technologies les plus nouvelles de pointe, à À condition de lire tous mes polys, l'École Centrale. [l'École Centrale. L'École Centrale, toute la journée, Je vais jouer à faire semblant, L'École Centrale, y'a des amphis, L'École Centrale, on est bien mieux au lit, L'École Centrale, celle de Paris, L'École Centraaaaaaaaale. Ça nous a tellement plû qu'on l'a chanté deux fois. Après il y eut comme d'habitude un bang, où je suis resté jusque vers trois heures. 2.5 Le lundi, ou « lundi, c'est fini » ---------------------------------- Levé à 7 h, nous devions débarrasser les lieux pour 8 h afin que le lycée puisse accueillir ses élèves. Or nos cars n'ont pas eu le droit de venir nous chercher avant 9 h, sous prétexte que les cars de ramassage scolaire étaient prioritaires, ce qui fait que nous avons poireauté jusqu'à 9 h dans le froid. Brrrr groumpffff. Et ensuite nous avons dormi dans le car jusqu'à l'arrivée. 2.6 Les séquelles du WEI -------------------- Le résultat : plein de copains, et un rhume de cerveau collectif. Ben oui, vous êtes marrants, vous, rentrer tous les soirs en pleine nuit en montagne avec juste un petit pull sur le dos... Bon. Y'a quelqu'un qui m'a lu jusqu'au bout ? Je crois que j'ai battu mon record, ce coup-ci... :-) En plus, j'ai mis des passés simples inusités partout ! La prochaine fois, il faudra que je coupe mon fichier en deux... :-) À ton tour, Raphaël !